Stop au Pillage des Sites Archéologiques

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Stop au Pillage des Sites Archéologiques

stop au pillage des sites archeologiqueLe pillage des sites archéologiques en France est au coeur d'un débat actuel avec la récente sur-médiatisation du pillage du site archéologique de Noyon dans l'Oise ou encore celui de Parville dans l'Eure. Cette surmédiatisation à aussi un effet inverse non négligeable : celui de faire une publicité gratuite sur le pillage, en quelque sorte de le faire connaître. Ainsi, celui qui ne savait pas qu'il y à à piller, l'apprends... par des sites internet consacrés à la Halte au Pillage.
Bien que l'utilisation de l'outil détecteurs de métaux entre des mains malhonnêtes soit indéniable, la FNUDEM à toujours depuis sa création dénoncé ces actes criminels qui nuisent tant à notre travail de rapprochement, mais surtout à la connaissance de notre passé. Cependant nous nous devons de préciser que nombres de pillages sont le fruit de pilleurs belges, anglais, allemands mais surtout hollandais. Ces derniers pensent en effet que l'utilisation d'un détecteur de métaux en France est totalement libre et que l'on aller partout, même sur les sites ce qui est bien sur totalement faux. S'il n'existait que 10 % des utilisateurs sérieux et honnêtes, les archéologues doivraient alors faire quelque chose avec eux, tant pis pour les autres. Faire le tri est assez simple, il s'apprend au fil du temps. Il en va de leur responsabilité comme de la nôtre. Pour information la FNUDEM à engagé sa responsabilité associative à oeuvrer avec les services archéologiques de l'Etat ou de collectivités privés ou associatifs. Et comme l'a si bien dit Keith Parfitt (archéologue régional du Kent: "C'est en mettant tout en commun que nous en apprendrons plus sur notre passé".
Le pillage des sites archéologique est un sujet de plus en plus traité dans les publications destinées aux utilisateurs bien que cela soit un phénomène récent. Auparavant, ce n'étaient qu'un entrefilet, voire aucune information.
Ce que nous redoutions depuis des années, arrive peu à peu à pas feutrés. Nous avons depuis des années multiplié les démarches officielles auprès du Ministère de la Culture, donné des rapports, proposé de très nombreuses idées, de volumineux dossiers, etc. Sans que le ministère ne prenne aucune décision nous donnant l'impression que le sujet du détecteur, c'est la "patate chaude" que l'on se refile depuis des années au gré des changements de têtes.
Pourtant seule la mise en place d'un système identique au Treasure Act Anglais (ou son adaptation à la sauce Française) permettrait non seulement de faire chuter considérablement le pillage des sites archéologiques, de détruire totalement les marchés parallèles de rachats d'objets ou de monnaies mais aussi de multiplier la fréquentation dans les musées et de donner un regain d'intèrêt du grand public pour l'histoire, l'archéologie, et plus largement notre patrimoine. Ce que nous demandons n'est autre que la mise en place d'une réglementation adaptée à l'utilisation des détecteurs de métaux afin que les utilisateurs de détecteurs soient utilisés (ou placés) dans une démarche utile plutôt que destructrice.


Quelques exemples flagrants de pillages :

Il y a quelques années, un prospecteur qui avait réussi à se faire intégrer sur la fouille d'un site archéologique en tant que bénévole, revenait la nuit venue. Exaspérés par les trous à répétition au fil des nuits les archéologues montèrent une garde et le pilleur fut interpellé en flagrant délit. Il fut condamné à une amende modique (quelques milliers d'euros seulement !!!). Plus anciennement l'affaire du trésor de Cuts coûta toutes les autorisations préfectorales des prospecteurs sérieux en Picardie après des années de bons et loyaux services. Dans cette affaire de Cuts, on retrouve un schéma classique : celui des méandres des marchés parallèles, des trouvailles non déclarées rachetées à seulement 5 % de leur valeur par un vendeur de détecteur de métaux du coté de Noyon ! Un autre en 1995, fut poursuivi pour tentative se s'être fait délivrer  "indûment" des autorisations préfectorales dans plusieurs régions nous ne dirons pas ici comment, il fut lui aussi condamné faiblement ! D'autres ont fait sauter à l'explosif agricole l'entrée d'un souterrain d'époque Templière dans le sud-ouest. Et d'autres encore scié un sarcophage en plomb d'un enfant gallo-romain...

Passer derrière pour demander des autorisations ou proposer ses services est parfois compliqué surtout lorsque ce type d'événements vient de se produire, heureusement que nombre d'archéologues savent faire des différences.

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