DECOUVERTE D’UNE SEPULTURE MEDIEVALE
Le 10 novembre 2000, Max, un copain, me téléphone et me dit ''Jean, j’ai vu un squelette au pont de La Chaume (terrain en bordure de la côte) on voit bien le crâne et le reste est encore recouvert de terre.'' Coup d’œil sur le calendrier des marées ; bas d’eau dans une heure, c’est bon, on peut aller voir. Rendez-vous sur le terrain dans 15 mn. J’arrive au bord de la falaise ou Max m’attend déjà. Là, en contrebas, à 2 m environ du sommet, je vois la tête et le début de la colonne vertébrale . Le corps est allongé la tête au nord ouest les pieds sud est.

Il faut savoir que pendant 2 jours nous avons eu une violente tempête et la mer a laminé et emporté une bonne partie de la côte au sud de notre village. L’océan aidé par des vents de sud ouest très violents a fait s’ébouler plusieurs mètres cubes de terre et a mis à jour le squelette. Je prends quelques photos et je vais à la mairie faire la déclaration de découverte. Serge, le gardien de police municipal m’accompagne pour constater les faits de visu. Dans la foulée, je préviens M. FLOURET , président de la Société d’Archéologie et d’Histoire de l’Aunis dont Dany et moi sommes adhérents depuis plusieurs années (14 ans), M. Eric NORMAND responsable départemental du S.R.A. POITOU CHARENTES et Michel FAVRE archéologue agréé par le S.R.A qui sort de temps en temps avec nous en détection (très sympa et pour la détection archéologique accompagnée).

Pendant 15 jours rien ne bouge du coté du S.R.A. Le 27/11, je constate sur le site la présence d’un tractopelle qui enroche la partie éboulée de la falaise, il opère à une dizaine de mètres seulement de la sépulture. Le 30/11, je provoque une réunion à la mairie avec Michel FAVRE qui représente le S.R.A. et les autorités locales dont M. HARVOIRE adjoint au Maire pour établir de toute urgence une fouille de sauvetage.

Le 4 décembre, nous obtenons l’autorisation et le 8 décembre Michel et moi commençons la fouille. Trois semaines se sont écoulées depuis la déclaration de découverte et pendant ce temps, l’océan a fait des dégâts ; la tête a disparu emportée par le ressac ainsi que quelques vertèbres. La fouille s’est étalée du 8 au 21 décembre en raison des marées descendantes qui nous permettaient de travailler sans se faire doucher. Encadrée par 2 archéologues, Michel et son ami M. GUENEGANT ainsi que plusieurs membres de l’association qui se relayaient pour les aider.

Le squelette a été entièrement nettoyé au pinceau, tous les os rangés dans des poches plastiques avec des annotations. Aucun indice métallique (clous de cercueil, épingles funéraires, objets) aucun fragment de tissu, de drap ou de bois n’ont été trouvés, seuls des débris de poterie ont permis aux archéologues de situer l’inhumation à la période médiévale
Actuellement, le squelette se trouve dans l’ossuaire communal ou il a été dépose par mes soins.
Ce fut pour nous une expérience très enrichissante que nous sommes prêts à recommencer.

Au fait, ce squelette était celui d’une femme d’après son bassin très large et selon nos 2 amis archéologues, nous l’avons appelée LEONE (devinez pourquoi... ? *)
* Car découverte le jour de la saint Léon.








